So what?
Visiblement rien.
Je vais jouer au petit esprit torturé, et déposer ma complainte.
Mon soucis du soir est : les liens.
Surtout avec les amis.
Pourquoi les amis?
Disons que j'ai l'impression de les perdre.
Les uns après les autres.
Certains s'évanouissent au loin, alors que l'on s'était promis que le lycée ne changerait rien.
Certains changent de direction, alors qu'ils avaient dit que je resterai.
Certains ont disparus. Plus de nouvelles. Pas un message depuis 3 mois. Rien.
Les sms, msn, face de bouc...tout ceci ne servirait donc à rien?
Certains passent et s'en vont, le temps d'une sortie, d'une soirée, d'un croisement au détour d'une rue.
Le pire dans cette histoire, c'est accepter d'être responsable de ce désastre.
J'avais avec moi la plus adorable et la plus attentive des amies.
Celle qui venait me voir en vélo quand elle apprenait que cela n'allait pas.
Celle qui m'a tant ouvert à un monde si différent de ma routine collégienne.
Celle qui m'a appris à m'accepter tel que je suis.
Celle qui m'a fait découvrir tant de chose.
Celle qui se confiait à moi.
Celle qui m'écoutait.
Celle qui savait trouver les mots qu'il faut, quand il faut.
Celle pour qui je n'ai pas su trouver le temps.
Celle que je perd peu à peu...
Il y avait aussi celle que j'ai rencontré un peu par hasard.
Celle que j'ai rencontré sur msn.
Celle qui se moquait de moi.
Celle qui avait peur des pigeons.
Celle que j'appelais maman.
Celle qui a disparu.
Celle que j'ai perdu.
Et puis il y a ceux qui comptent beaucoup, et qui savent nous renvoyer ce qui ne va pas chez nous.
Celui qui a l'impression d'être un bouche trou.
Celui qui ne veut plus de mon avis sur sa vie sentimentale, vu où cela l'a mené.
Celui qui (le même) me renvoie sans le vouloir le sentiment d'être tellement banal ici bas.
Ceux qui me reprochent de ne pas passer assez de temps ensemble.
Ceux-la même qui pensent qu'ils ne comptent pas.
Ceux-la même qui se trompent, et ne le savent pas.
...
De plus,
Un sentiment de banalité s'empare de moi, souvent, très.
Un sentiment qui se mêle vite à un autre, celui qui se demande ce que vous avez accomplis.
Il en découle que je n'ai rien accomplis récemment.
Pire.
Je régresse.
Je m'occupe de moins en moins des gens autour de moi.
Je me rend compte que parfois, tout le monde semble sombrer, et je n'ai pas assez de bouées.
Je me rend compte que des choix doivent être fait.
Je me rend compte à quel point c'est dur.
Je suis dans l'incapacité de les faire.
Prendre des décisions n'est pas ma tasse de thé.
Et...
Je me rend compte que je ne suis essentiel à personne.
Chacun a un autre pour se rattraper en cas de chute.
Je ne dis pas que j'ai besoin d'être le centre du monde.
Je ne suis sûrement qu'un autre gouffre à affection.
Mais j'ai besoin d'être là pour les gens.
C'est ma façon de rester heureux.
Aider les gens.
En ce moment je ne peux pas.
Et personne ne peut rien pour moi.
C'est si dur d'accepter qu'il y aura toujours quelqu'un de meilleur que soi dans quelque domaine que ce soit !
Je ne suis le meilleur, parmis mes connaissances, nul part.
Pour l'humain, il y a Amanda.
Pour la guitare et les blagues, il y a Pierre, quoiqu'il en dise.
Pour le piano, il y a 'Mily.
Pour le chant et le skate, il y a Chriss.
Pour la classe, il y a Maud'. ( Mais ce n'est pas tout, et c'est heureux. )
Pour le scolaire, il y a Pierre encore, et Maud', et Mily, et 'Manda.
...
Allez, disons qu'il y a le roller.
Et le badminton peut-être.
Mais vu ma régularité dans ces pratiques...
Où est l'avantage?
Ce sont tous des gens extraordinaires...
Et se dire qu'au milieu, on n'est rien, un mélange de chaque peut-être?
Au fond, je ne suis pas drôle, pas spécialement beau, ni original ou créatif, ni sportif, ni intelligent.
Ma seule qualité serait être humain.
Et...
Cela me va très bien, tout compte fait.
Je suis comme je suis.
Et je l'accepte tout à fait.
T'es pas à plaindre, alors arrête de te lamenter sur ton sort, Randy.
Life's worth living.
Seulement, je n'ai pas évolué cette année.
Rien de particulier.
Je ne suis pas devenu plus mature, plus doué.
Comme si les gens autour de moi étaient figés.
Je me demande ce qui a changé, en un an...
Il est tard.
Je reprendrai ça...
C'est le bad d'un soir.
Le bonheur reviendra vite !